Tachycardie incessante chez un jeune garçon

Tachycardie incessante chez un jeune garçon

Un jeune garçon âgé de 14 ans consulte car la maman a remarqué une fréquence cardiaque rapide en permanence. Pas d’antécédents familiaux ni personnels notables.

Le jeune garçon est asymptomatique. Découverte fortuite par la maman d’une fréquence cardiaque toujours supérieure à 115 bpm au repos et autour de 150 bpm pour des efforts minimes. Cliniquement il est effectivement tachycarde à 152bpm, TA à 116/57mmHg et l’auscultation cardiopulmonaire est normale. Ci-joint son ECG (ECG1).

Le jeune garçon est asymptomatique. Découverte fortuite par la maman d’une fréquence cardiaque toujours supérieure à 115 bpm au repos et autour de 150 bpm pour des efforts minimes. Cliniquement il est effectivement tachycarde à 152bpm, TA à 116/57mmHg et l’auscultation cardiopulmonaire est normale. Ci-joint son ECG (ECG1).

Les manœuvres vagales étaient inefficaces. Un test à la Striadyne© a été réalisé. L’ECG 2 a été enregistré au moment de l’injection de la Striadyne©.

ECG 1

ECG 2

jabeur mariem

Mariem Jabeur, MD

Quel est votre diagnostic ?

Correct! Incorrect!

Commentaires

L’ECG 1 montre une tachycardie à 130c/min, régulière à QRS fins avec un aspect de BBD incomplet. Le rythme n’est pas sinusal (car onde P’ négative en inférieur). Le rapport entre P’ et QRS est en 1/1 avec un RP’ long >> P’R. P’ est positive en V1, V2 ; iso en D1 et négative en inférieure.
Les diagnostics évoqués devant une tachycardie à RP’ long sont :
- Tachycardie atriale focale
- Tachycardie par réentrée nodale atypique (fast-slow et slow-slow)
- Tachycardie orthodromique sur voie accessoire
- PJRT (Permanent Reciprocating Junctional Tachycardia) également appelée tachycardie de Coumel. Elle utilise une voie accessoire postéro-septale droite (le plus souvent) à conduction rétrograde lente et décrémentielle. Elle touche essentiellement les sujets jeunes (enfant/adolescent) et rarement les adultes. Souvent asymptomatique sur le plan rythmique, elle peut se compliquer d’une cardiopathie rythmique.
Après l’analyse de l’ECG, les manœuvres de blocage du nœud auriculo-ventriculaire (NAV), manœuvres vagales et/ou injection d’adénosine (Striadyne©) restent d’une importance capitale dans la démarche diagnostique. En effet, la réponse aux bloqueurs du NAV est différente selon le mécanisme de la tachycardie : les Tachycardies par réentrée intranodale et les tachycardies par réentrée AV sur voie accessoire s’arrêteront (sous réserve que le blocage du NAV soit efficace) et on mettra en évidence l’activité atriale d’une Tachycardie atriale (TA) ou d’un flutter. Évidemment, il existe des exceptions à ces algorithmes. Par exemple, environ 15 % des TA sont sensibles à l’adénosine.
Dans notre cas, l’ECG 2, montre qu’on injectant la Striadyne on bloque le NAV mais la tachycardie atriale ne s’arrête pas (même onde P’ de la tachycardie). Ceci élimine la PJRT et la tachycardie orthodromique sur voie accessoire. Ce comportement n’est pas aussi en faveur d’une RIN.
Le diagnostic retenu est une Tachycardie atriale focale incessante avec retentissement sur le VG (cardiopathie rythmique) chez un adolescent de 14 ans. L’origine de la TA est le plus probablement l’oreillette gauche (P’ positive en V1, V2 et iso en D1). Une exploration électrophysiologique en vue d’une ablation a été indiquée devant la cardiopathie rythmique.